Je me réjouis de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui à l’occasion de l’opérationnalité poursuivie du CIC de Liège. Les appels 101 de la zone de Liège ont été repris par le CIC, avec succès, et tout fonctionne bien.
Dans le cadre étendu que constitue la réforme profonde des services de police réalisée les dernières années, les CIC ne sont qu’un élément. Mais il s’agit d’un élément fondamental, surtout pour le citoyen qui doit bien évidemment pouvoir compter sur notre service. Vu le paquet global de communication et d’information dont nos services disposent à l’heure actuelle, les CIC forment peut-être la cerise sur le gâteau. Je tiens à féliciter de tout cœur tous les intéressés pour cela.
Ces félicitations, Monsieur le Gouverneur, je souhaite les adresser en premier lieu à vous. Votre engagement, votre force de persuasion et votre motivation ont permis que ce projet soit couronné de succès. Je vous en remercie. Mais un gouverneur n’est également qu’un homme et heureusement il ne se trouve pas tout seul. Je veux donc également remercier vos experts pour leur engagement constructif et participation active. Il en va de même pour la police fédérale et locale, les collaborateurs d’ASTRID - l’opérateur télécom pour tous les services de secours et de sécurité belges - ainsi que pour tous ceux qui ont conjugué leur compétence et leur engagement afin de permettre ce transfert du 101 de Liège.
La bonne nouvelle, Mesdames et Messieurs, est que tous les CIC sont maintenant opérationnels et que ce sont les CIC mêmes qui ont joué un rôle de premier plan. A l’époque, nous avons préféré ne pas imposer aux zones de police locale un modèle en matière de dispatching. Il nous semblait plus important de permettre aux CIC d’élaborer eux-mêmes une offre de service (un menu) pour la police locale. Ainsi, chaque zone pouvait et peut faire son choix à son gré et à la carte parmi l’offre de service du CIC.
"A la carte"
Certaines zones ont ainsi opté pour un service maximal, en matière de dispatching, par le CIC. D’autres chefs de corps par contre ont opté pour leur propre dispatching. Avec toutes les alternatives pour ceux qui veulent éviter ‘les extrêmes’. L’essentiel était, selon nous, que le choix de chacun se basait sur l’appréciation des chefs de corps locaux et qu’il tenait compte des évaluations locales. C’était l’option que nous envisagions lors de la création des CIC.
Entre-temps, je me demande quelle est l’influence de cette décision sur le fonctionnement opérationnel de la police intégrée. Dans certains cas, les interventions policières doivent être coordonnées de manière ‘supra-locale’. Ceci est d’ailleurs un des grands atouts des CIC. Ce que je souhaite examiner, c’est l’impact de ces différents modèles de dispatching sur le fonctionnement opérationnel et supra-zonal de la police intégrée. Ce fonctionnement, est-il assuré de manière optimale ? Quels sont les obstacles éventuels ? Et comment peut-on remédier aux défaillances éventuelles ?
Une autre raison pour laquelle je me pose ces questions, a trait à nos projets pour les services d’incendie. Là aussi, nous sommes confrontés à des modèles divergents pour l’avenir. Ainsi, nous examinons de quelle manière nous pouvons faire parvenir sur place les moyens de manière la plus efficace et la plus rapide possible, à travers la création d’un dispatching des services d’incendie provincial. Dans ce contexte, il me paraît très utile d’évaluer ‘le modèle policier’, afin de tirer également de cette perspective des leçons utiles pour les services d’incendie.
En plus, je veux attirer l’attention de vous tous, ici présents, qui êtes étroitement liés au fonctionnement du système des appels d’urgences, sur une autre mission d’étude prioritaire. En effet, l’accord gouvernemental stipule que ‘le gouvernement envisagera pour chacune des zones de police l’instauration de délais d’intervention maximum pour les appels urgents’. Je peux m’imaginer que beaucoup d’entre vous se demandent ce que cela signifie. Est-ce que nous allons standardiser les interventions ? Ou est-ce que nous recherchons simplement une meilleure façon de coopérer, qui nous procurera un meilleur résultat avec moins de moyens ?
Etude approfondie
Afin de pouvoir réaliser ce passage de l’accord gouvernemental, je veux d’abord avoir une idée des délais d’intervention qui existent à l’heure actuelle. Quels sont les délais pour arriver sur place en cas d’appels urgents ? Le citoyen doit-il attendre longtemps avant que l’aide n’arrive ? Est-il question d’une situation problématique ? Et si oui, à quel niveau ? Pouvons-nous identifier ces problèmes de façon univoque ? Quelle réponse pouvons-nous donner le cas échéant ? Est-ce que l’instauration de normes est la réaction adéquate ? Ou est-ce que d’autres réactions sont possibles?
Voilà déjà quelques questions qui me traversent l’esprit. Je suppose que ces questions sont en partie aussi vos questions, et que beaucoup d’entre vous sont bien placés pour y ajouter leurs réflexions. Cela me paraît alors le débat que nous devons mener, et ce à tous les niveaux de coopération et de concertation, et avec tous les acteurs, tant au niveau fédéral, qu’au niveau provincial et local. En tenant compte de tous les aspects du débat.
Je veux dès lors que ces questions fassent l’objet d’une étude approfondie, pour laquelle je compte sur l’expertise de l’Inspection Générale. Evidemment, l’Inspection préparera cette étude en concertation avec les représentants de la police fédérale et locale, qui seront invités à participer à la précision du cadre du projet. Et bien évidemment également à effectuer ce projet et à le mener à bonne fin.
Avec vous, Mesdames et Messieurs, j’attends le résultat de cette analyse. Non seulement pour savoir où nous en sommes, mais également pour savoir vers où nous nous dirigeons. Jusque là, quelques réflexions, que j’ai voulu partager avec vous aujourd’hui. Ce n’est que de telle façon qu’on puisse faire le bon choix pour le futur.
Dans l’intérêt du service. Dans l’intérêt de la sécurité civile de chacun. Et dans l’intérêt d’un service qui s’améliore continûment, ce que la population attend justement de nous. Parce que, comme j’ai appris en tant que Ministre de l’Intérieur, dans un régime démocratique, rien n’est plus important que la sécurité. La sécurité de tous, bien entendu. Et parce que cette sécurité est une et indivisible. Je vous remercie.